Le début de l'année 2006 est difficile. Les vacances (près de 18 semaines de solde) pourront-elles être prises selon la planification ? Ma collègue vient d'apprendre qu'elle est victime d'une grave maladie et il est tout à fait compréhensible qu'elle veuille se faire soigner en Suisse, auprès de son mari et de sa famille. Finalement, grâce à l'abnégation de ma collaboratrice, locale, de chancellerie et de la promesse de Berne de nous envoyer un renfort dans les deux semaines, nous pourrons partir sur la "carretera austral", route mythique qui relie Puerto Montt à Villa O'Higgins dans les Andes du sud au bord de la calotte glaciaire nord du Chili. Nous voyagerons finalement jusqu'à Ushuaïa, traversant le détroit de Magellan, naviguant sur le canal Beagle, et ayant visité moult endroits impressionnants.

 

Ce périple à travers la Patagonie - et sa fin dramatique - est décrit sous forme d'un journal de voyage sur une autre page de ce site.

 

Après le retour à Santiago, il faudra combattre l'administration pour une histoire de droits de douanes encore dus sur un véhicule qui n'existe plus et avec General Motors pour faire accepter à cette compagnie un minimum de décence, puisqu'elle ne veut assumer aucune responsabilité morale, et nous procurer une nouvelle voiture. Pendant quelques semaines, nous évaluons les différents modèles possibles et arrivons à la conclusion que le Trail Blazer est le plus complet et le plus adaptés à nos goûts (plutôt qu'à nos besoins). Il faudra cependant plusieurs mois pour recevoir cette nouvelle voiture.

 

Au chapitre spectaculaire, notons le passage à Valparaíso du porte-avions nucléaire américain Ronald Reagan, qui n'a pas reçu l'autorisation d'entrer dans le port, le Chili refusant ce genre d'énergie, le passage du Queen Mary II et cette invitation de l'Ambassade de France à une réception sur le porte-hélicoptère Jeanne d'Arc.

 

Et, toutes choses ayant une fin, Janne-Nicolas a décidé de quitter le nid familial. Bac en poche, il est d'abord parti en Suisse, puis à Munich suivre un cours intensif d'allemand pour finalement aller accomplir le service militaire en Finlande. Les frère et soeurs de Merja prennent soin de lui lorsqu'il a quelque moment de liberté.

 

Fils étant parti, il nous faut nous habituer à son absence. Il se trouve à 12'000 km de nous et nous apprécions d'avoir installé Skype, qui nous permet de l'appeler sur ordinateur lorsqu'il en a un à disposition et sur son mobile quand l'un ou l'autre de nous a du vague à l'âme. Comme il est à l'armée, l'utilisation du téléphone mobile n'est pas souvent autorisée. Il nous fait savoir quand il est disponible et on le rappelle.

 

Il est parti avec les 10 m3 auxquels il a droit, un peu de meubles, ses bouquins, ordinateur et autre équipement électronique, vêtements, etc... et il nous restait une chambre vide, dont nous avons fait un coin couture pour Merja avec un lit d'appoint, au cas où... et avons profité de l'occasion pour déplacer quelque peu le mobilier, dont une partie se trouvait au sous-sol, "discothèque" de Janne-Nicolas; Mari-Caroline est (encore) plus sage. Pour la petite histoire, le déménagement de JN, parti de Santiago au début du mois de mai sera égaré/oublié dans un dépôt à Berne et ne sera livré à Lugnorre qu'au début du mois de novembre !

 

Durant l'été, l'Ambassade a reçu la visite de la Commission des affaires étrangères du Conseil des Etats (correspondant au Sénat) et Jean-Didier n'a pu prendre qu'une petite semaine de vacances, durant laquelle nous nous sommes surtout reposés.

 

Lors des vacances de printemps, en septembre, nous sommes partis quelques jours à Buenos Aires qui, pour une ville un peu plus grande que Santiago, "fait nettement plus grand". Entendez par là qu'on y trouve de beaux vieux quartiers, des quartiers commerciaux étendus, et un "vrai" centre. Surtout, l'ambiance nous y a paru beaucoup plus détendue, plus spontanée qu'au Chili. Il est vrai que l'immigration Argentine s'est faite en grande partie depuis l'Italie alors que le Chili a été colonisé par les Basques et les Germains, et que le climat atlantique de Buenos Aires est plus clément que celui du Pacifique, avec son courant de Humboldt qui vient en droite ligne de l'Antarctique et refroidit, en la longeant, pratiquement toute la côte chilienne.

 

Novembre nous verra recevoir le Conseiller fédéral Christophe Blocher, venu signer deux accords avec le Gouvernement chilien et nous préparerons le bazar annuel des Dames diplomatiques. Cette année sera moins astreignante que la précédente, durant laquelle Merja était trésorière de l'association. Nous n'aurons à nous préoccuper que du stand de la Suisse. Merja pour sa part, aura eu l'occasion d'aller enfin à Mendoza, avec les Dames diplomatiques. En raison du très haut magistrat que nous attendons et, accessoirement aussi, de Mari-Caroline que nous ne voulions pas laisser seule, je ne pourrai pas l'accompagner. Mais ce n'est que partie remise et nous espérons bien, l'an prochain, pouvoir y faire un saut tous ensemble. Peu avant Noël, nous partirons en direction de la Suisse où Jean-Didier attendra le retour de Finlande de "ses femmes" et, quelques jours plus tard fils, son service militaire terminé, rentrera au bercail.

 

Juste avant Noël et le départ pour l'Europe, nous avons encore récupéré le bulletin de fin d'année de Mari-Caroline et les résultats sont plus qu'à la hauteur des espérances.

 

Bien sûr, il nous manque toujours une excursion dans le désert de l'Atacama, que nous espérons aussi bien réaliser avant que, les années passant, Jean-Didier ne soit transféré.